Market Financial Analysis

La ballade des gens heureux

Posted on novembre 25, 2017 in Uncategorized by

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Effectivement toutes les choses qui se produisent sans que celui qui les fait ait aucun dessein, ni ne cherche à atteindre aucune fin particulière, comme, par exemple l’action de saisir et de remuer des fétus, de se toucher et de se tirer les cheveux, et toutes autres actions semblables ; toutes ces choses évidemment se produisent, mais n’ont point une cause finale, une cause qui aille à un but. Les choses qui se produisent ainsi sans but et sans marquer aucun dessein ne manifestent aucune différence qui mérite qu’on s’y arrête. Quant à celles qui tendent à un but, et qui sont produites en vue de quelque objet, elles se produisent les unes naturellement, les autres par raison. Ainsi c’est en mesure et suivant une disposition certaine que vont à leur fin les choses qui ont pour cause productrice la nature. Cette fin est-elle atteinte. Aussitôt cesse leur devenir, à moins que quelque obstacle ne se rencontre sur la route par où leur nature les conduit à la fin qui leur est assignée. Pour ce qui est des choses qui se font par raison, elles ont de toute évidence un but ; car il n’y a point de hasard dans les choses qui se font par raison, mais toutes elles sont dirigées vers quelque but. Et toutes choses se font par raison, lorsque ceux qui les font délibèrent sur ces choses mêmes et arrêtent de quelle manière elles se feront. La ballade des gens heureux aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »La possession est une amitié entre l’homme et les choses ». C’est ainsi que se font toutes les choses qui sont le produit de la délibération ou de l’art. Aussi diffèrent-elles des choses qui se produisent naturellement. En effet les choses qui se font naturellement ont en elles-mêmes le principe et la cause d’une telle production (tant est grande la puissance de la nature. ) et d’une production conforme à un certain plan, sans que la nature qui les a faites se soit, comme les artistes, servie de raisonnement pour les faire. Au contraire, les choses qui se font par art et par choix ont hors d’elles et non point en elles-mêmes le principe de leur mouvement et leur cause efficiente. C’est le raisonnement de celui qui les fait qui préside à leur production. Il y a, en dernier lieu, une troisième espèce de choses qui se font en vue d’une fin : ce sont celles que l’on croit se produire fortuitement et d’elles-mêmes.

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