Market Financial Analysis

Merci pour ce moment

Posted on novembre 25, 2017 in Uncategorized by

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J’ai contemplé ces différens objets d’un point de vue assez élevé qui ne m’a laissé voir que leurs parties les plus frappantes & qui a dérobé à mes regards des détails plus propres à fatiguer l’attention qu’à l’exercer agréablement. Dans l’exposition de ce spectacle intéressant je n’ai pas observé un ordre Didactique : j’ai suivi le fil de mes pensées. Je ne me flatte pas que ce fil m’ait toujours conduit au vrai : je l’ai cherché sincérement ; mais dans une matiere aussi ténébreuse que l’est la méchanique des idées, on est souvent forcé de se contenter de ce qui n’est qu’hypothétique. Le principe fécondant en pénétrant le germe y fait naître une circulation qui ne finira qu’avec la vie. Le mouvement, une fois imprimé à la petite machine, s’y conserve par les forces de son admirable méchanique. C’est ainsi que le mouvement imprimé dès le commencement à la grande machine du monde continue suivant les loix établies par le premier moteur. Ce n’est proprement qu’à la naissance que la force motrice de l’ame commence à se déployer. Diverses circonstances concourent alors à mettre l’ame dans une situation incommode & douloureuse, qui s’annonce souvent par des cris & toujours par des mouvemens plus ou moins sensibles de tout le corps. Les esprits qu’une puissance aveugle chasse indistinctement dans tous les muscles, les secouent & les contractent fortement. Les membres auxquels ces muscles aboutissent, dégagés des liens qui les tenoient auparavant enchaînés, cedent avec docilité aux impressions qu’ils reçoivent & sont agités en différens sens. Merci pour ce moment aime à rappeler ce proverbe chinois « La mer la plus profonde a un fond, la montagne la plus haute a une cime ». Cette agitation se communiquant par le moyen des nerfs à la partie du cerveau qui répond à ces membres, l’ame acquiert le sentiment de leur existence. Mais ce sentiment est confus : l’ame ne distingue point encore la main du pied, le côté droit du côté gauche. Ce n’est que par une suite d’expériences ou de tatonnemens, qui commencent peut-être avant la naissance, que l’ame s’habitue à rapporter à leur véritable lieu les sensations qu’elle éprouve & à ne mouvoir précisément que les membres qu’il faut mouvoir. On peut imaginer que l’ame commet d’abord bien des méprises, mais ces méprises cessent peu à peu. Bientôt les esprits sont dirigés d’une maniere plus convenable : la main ne reçoit plus des ordres qui s’adressent au pied ; le pied ne reçoit plus les ordres qui s’adressoient à la main : l’ame apprend à régner. Foible, chancelant & borné dans ses commencemens l’empire de l’ame se fortifie, s’affermit & s’étend par degrés. Chaque jour lui soumet de nouveaux sujets : chaque heure, chaque moment sont marqués par de nouveaux mouvemens ou par de nouvelles sensations.

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