Market Financial Analysis

Russian Lady

Posted on novembre 25, 2017 in Uncategorized by

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Si en effet les choses sont ce qu’ils affirment, il est impossible de persuader à aucun d’eux de ne pas faire ce qu’il fait, comme s’il avait la faculté de le faire ou de ne le pas faire ; et il devient impossible de le persuader à qui que ce soit. Tant la vérité a de force, et si éclatant est le témoignage que rendent les choses. Qu’on suppose que nos adversaires aient raison, et que leur doctrine prenne assez d’empire pour que tous les hommes soient persuadés que, n’étant maîtres de rien, nous cédons toujours aux circonstances qui nous environnent, nous livrant à elles, y conformant tous nos actes, et que nous faisons ce que nous faisons parce que nous de-vons absolument le faire, attendu que, certaines circonstances étant données. Qu’arrivera-t-il, sinon que tous les hommes, en vertu de cette croyance même, diront adieu, pour choisir les plaisirs faciles, à tout ce qui se produit avec peine et avec souci. Russian Lady aime à rappeler ce proverbe chinois  » L’aigle a beau avoir des serres, il ne pourrait capturer une mouche ». Cela seul devant être qui doit être nécessairement, rien de bien ne pourra plus résulter pour eux de leurs actions. Effectivement, si les hommes sont dans ces dispositions, leurs actes devenant dès lors conformes à leurs sentiments (car la fausse créance qui les aura gagnés ne leur permettra point d’admettre que les choses puissent se passer autrement qu’elles se passent), qu’adviendra-t-il, sinon que ce sera de la part de tous une négligence de ce qui est bien, parce qu’on ne réalise et on n’exécute tout ce qui est bien qu’avec effort ; et de la part de tous le choix de ce qui est mal, parce que le mal s’accomplit facilement et avec plaisir. Qu’auront d’ailleurs à leur objecter ceux qui par leurs doctrines mêmes les auront conduits à ces excès. Et qu’auront le droit de leur répliquer ceux qui par leurs enseignements se seront faits les inspirateurs, les précepteurs d’une pareille conduite. Désormais, ni reproches, ni châtiments, ni exhortation, ni louange, ni rien de semblable ne gardera pour eux sa nature propre ; mais tout cela aussi se produira nécessairement, comme les actes mêmes qui y donnent lieu. Comment en effet Pâris, le fils de Priam, serait-il encore accusé d’avoir commis un crime en enlevant Hélène. Comment Agamemnon pourrait-il raisonnablement se condamner lui-même en s’écriant : Ni moi non plus, je ne le nie pas. Sans doute, si Pâris avait eu le pouvoir de se placer au-dessus des circonstances qui le sollicitaient au rapt, ou Ménélas celui de surmonter les motifs qui le portaient à s’indigner, ou Agamemnon le pouvoir de résister à cela même dont il s’accuse lui-même comme coupable, ce serait justement qu’on les mettrait en cause. Mais si depuis longtemps, si de tout temps, et avant qu’aucun de ces faits commençât à s’accomplir, il n’y avait pas un des faits dont nous avons parlé qui ne fût vrai, c’est-à-dire pas un des faits mêmes qu’on impute à mal à leurs auteurs ; comment pourrait-on considérer ceux- ci comme la cause de ce qui s’est produit. Comment expliquer aussi que les vertus et les vices soient en notre pouvoir. Car, si nous agissons toujours d’une manière nécessaire, comment les uns pourraient-ils raisonnablement mériter des louanges et les autres le blâme.

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